LFSS 2026 : mesures cotisations & exonérations (adoptée le 16 décembre 2025)

Ruptures et mises à la retraite à 40 %, déduction heures sup étendue aux +250 salariés, réduction générale et minima conventionnels (décret à venir)…

Mise à jour le 04 février 2026

La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026, définitivement adoptée le 16 décembre 2025, comporte plusieurs mesures qui impactent directement le coût employeur (cotisations, exonérations, dispositifs de déduction). Important : la loi doit encore franchir l’étape du Conseil constitutionnel avant d’être publiée au Journal officiel.

1) Rupture conventionnelle / mise à la retraite : contribution patronale portée à 40 %

La LFSS 2026 relève de 30 % à 40 % le taux de la contribution patronale due sur les indemnités de mise à la retraite et de rupture conventionnelle individuelle (CSS art. L. 137-12 modifié).

Pour mémoire, cette contribution spécifique est due sur la fraction d’indemnité exonérée de cotisations de sécurité sociale, peu important qu’elle soit assujettie ou non à CSG/CRDS.

2) Extension de la déduction forfaitaire patronale sur heures supplémentaires

La déduction forfaitaire de cotisations patronales attachée aux heures supplémentaires est étendue aux entreprises de 250 salariés et plus pour les périodes d’emploi courant à partir du 1er janvier 2026 (CSS art. L. 241-18-1 modifié).

  • 0,50 € par heure supplémentaire ;
  • Pour les salariés en forfait jours : 3,50 € par jour travaillé au-delà de 218 jours/an, dans les conditions prévues par le code du travail.

3) Réduction générale : cas des branches avec minima conventionnels inférieurs au SMIC

Dans les branches où le salaire minimum conventionnel des salariés sans qualification est inférieur au SMIC, la LFSS 2026 prévoit, sous conditions, de remplacer le paramètre SMIC par ce minimum conventionnel inférieur dans la formule du coefficient de la réduction générale (dispositif soumis à décret d’application).

La mesure vise les situations où le minimum conventionnel est resté inférieur au SMIC sur une période de référence, et où aucun accord d’entreprise ni décision unilatérale n’a prévu de salaires supérieurs au SMIC applicable.

4) Mesures “cotisations/exonérations” du projet initial abandonnées

Au fil des débats, plusieurs mesures du projet initial ont été supprimées : employeurs et salariés y échappent donc. Pour le volet “paye”, on notera notamment :

  • Apprentissage : maintien de l’exonération de cotisations salariales (pas de suppression).
  • Forfait social 8 % : abandon de l’assujettissement de certains avantages (titres-restaurant, ASC du CSE…).
  • JEI : abandon du relèvement du seuil / des conditions envisagées dans le projet initial.
  • Outre-mer : abandon d’une réduction de la voilure sur l’exonération LODéOM et certains régimes spécifiques.
  • Frais de santé / contrats responsables : abandon de mesures relatives aux franchises / participations dans le cadre présenté.
  • Revenus de remplacement : abandon du gel des limites de revenus conditionnant certains taux réduits/nuls de CSG et contributions liées.

5) Autres mesures paie applicables en 2026 (loi de finances 2026)

En complément des mesures “LFSS”, plusieurs dispositions de la loi de finances pour 2026 ont un impact direct en paie (exonérations, fiscalité, versements mobilité). Certaines avaient été prolongées provisoirement avant adoption définitive du texte.

Frais de transport domicile–travail : exonération maintenue jusqu’à 75 %

La prise en charge obligatoire de 50 % des abonnements de transport public ou de location de vélos reste exonérée de cotisations, de CSG/CRDS et d’impôt. En 2026, le régime de faveur est prolongé pour la part facultative excédant 50 %, dans la limite de 25 % supplémentaires.

En pratique : la prise en charge employeur peut donc être exonérée jusqu’à 75 % du coût de l’abonnement en 2026, dans les mêmes conditions que la part obligatoire.

Versement mobilité régional et rural (VMRR) : cadre sécurisé

La loi de finances clarifie le VMRR : effectif d’assujettissement (au moins 11 salariés), niveau d’appréciation (région/collectivité), assiette (alignée sur celle des cotisations de sécurité sociale), et liste de structures exonérées (certaines associations/fondations à but non lucratif à caractère social, associations intermédiaires).

Le VMRR est également ouvert aux collectivités de l’article 73 : Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion, Mayotte.

Pourboires : exonérations prolongées jusqu’en 2028

Les pourboires remis volontairement par les clients (directement au salarié ou via l’employeur puis reversés) restent, sous condition de niveau de rémunération (≤ 1,6 SMIC hors pourboires), exclus de l’assiette des cotisations sociales (y compris CSG/CRDS) et exonérés d’impôt sur le revenu.

La loi de finances prolonge ce dispositif jusqu’en 2028 inclus.

JEI : création temporaire des “jeunes entreprises innovantes à impact” (JEII)

Création d’une nouvelle variante de JEI : les JEII, dispositif temporaire dont l’abrogation est programmée au 1er janvier 2029. Les JEII doivent répondre aux critères généraux JEI, et satisfaire des conditions liées à l’économie sociale et solidaire / utilité sociale et à un niveau de dépenses de recherche.

Effet paie : les JEII peuvent prétendre à l’exonération de cotisations patronales attachée aux JEI, selon les règles applicables.

Questions fréquentes (FAQ)

La loi a été définitivement adoptée le 16 décembre 2025, mais elle doit encore passer le Conseil constitutionnel avant sa publication au Journal officiel.

La contribution patronale passe de 30 % à 40 % sur les indemnités concernées : le coût employeur augmente.

Pour les périodes d’emploi à compter du 1er janvier 2026, les entreprises de 250 salariés et plus bénéficient aussi de la déduction :
  • 0,50 € par heure supplémentaire ;
  • 3,50 € par jour au-delà de 218 jours/an pour les salariés au forfait jours (conditions code du travail).

La mesure dépend d’un décret d’application : elle n’entrera donc pas en vigueur immédiatement. Elle vise certaines branches où le minimum conventionnel des salariés sans qualification est resté inférieur au SMIC sur la période de référence (sous conditions).

Certaines mesures ont vocation à s’appliquer dès le 1er janvier 2026, tandis que d’autres nécessitent des décrets d’application ou des précisions administratives. En pratique, il est recommandé de valider le calendrier d’entrée en vigueur et de sécuriser les paramétrages paie/DSN.

Plusieurs mesures ont été supprimées durant les débats : maintien de l’exonération salariale apprentissage, abandon d’un forfait social de 8% sur certains avantages (titres-restaurant, ASC CSE…), abandon de certaines évolutions JEI, abandon de la réduction de la voilure LODéOM et de mesures annexes (franchises/CSG…).