LFSS 2026 : mesures cotisations & exonérations (adoptée le 16 décembre 2025)

Ruptures et mises à la retraite à 40 %, déduction heures sup étendue aux +250 salariés, réduction générale et minima conventionnels (décret à venir)…

Mise à jour le 19 décembre 2025

La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026, définitivement adoptée le 16 décembre 2025, comporte plusieurs mesures qui impactent directement le coût employeur (cotisations, exonérations, dispositifs de déduction). Important : la loi doit encore franchir l’étape du Conseil constitutionnel avant d’être publiée au Journal officiel.

1) Rupture conventionnelle / mise à la retraite : contribution patronale portée à 40 %

La LFSS 2026 relève de 30 % à 40 % le taux de la contribution patronale due sur les indemnités de mise à la retraite et de rupture conventionnelle individuelle (CSS art. L. 137-12 modifié ; LFSS 2026, art. 15).

Pour mémoire, cette contribution spécifique est due sur la fraction d’indemnité exonérée de cotisations de sécurité sociale, peu important qu’elle soit assujettie ou non à CSG/CRDS.

2) Extension de la déduction forfaitaire patronale sur heures supplémentaires

La déduction forfaitaire de cotisations patronales attachée aux heures supplémentaires est étendue aux entreprises de 250 salariés et plus pour les périodes d’emploi courant à partir du 1er janvier 2026 (CSS art. L. 241-18-1 modifié ; LFSS 2026, art. 21).

  • 0,50 € par heure supplémentaire ;
  • Pour les salariés en forfait jours : 3,50 € par jour travaillé au-delà de 218 jours/an (dans les conditions prévues par le code du travail).

3) Réduction générale : cas des branches avec minima conventionnels inférieurs au SMIC

Dans les branches où le salaire minimum conventionnel des salariés sans qualification est inférieur au SMIC, la LFSS 2026 prévoit, sous conditions, de remplacer le paramètre SMIC par ce minimum conventionnel inférieur dans la formule du coefficient de la réduction générale (CSS art. L. 241-1, III bis nouveau ; LFSS 2026, art. 20).

La mesure s’appliquerait aux entreprises des branches où ce minimum est inférieur au SMIC durant toute l’année civile précédant celle du mois de calcul, si aucun accord d’entreprise ni décision unilatérale n’a prévu, durant cette année, des salaires supérieurs au SMIC applicable.

4) Mesures “cotisations/exonérations” du projet initial abandonnées

Au fil des débats, plusieurs mesures du projet de loi initial ont été supprimées : employeurs et salariés y échappent donc. Pour le volet “paye”, on notera notamment :

  • Apprentissage : abandon de la suppression de l’exonération de cotisations salariales (les exonérations salariales restent donc en l’état).
  • Forfait social 8 % : abandon de l’assujettissement de certains périphériques de rémunération (titres-restaurant, subventions ASC du CSE, etc.).
  • JEI : abandon du relèvement du niveau minimum de dépenses de recherche exigé.
  • Outre-mer : abandon de la réduction de la voilure sur l’exonération LODéOM (Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion) et sur l’exonération spécifique Saint-Barthélemy / Saint-Martin.
  • Frais de santé / contrats responsables : abandon des mesures relatives aux participations forfaitaires et aux franchises médicales (engagement de ne pas doubler par décret le montant des franchises).
  • Revenus de remplacement : abandon du gel des limites de revenus conditionnant certains taux réduits/nuls de CSG et contributions liées (CRDS, CASA…) sur pensions/allocations.

Questions fréquentes (FAQ)

La loi a été définitivement adoptée le 16 décembre 2025, mais elle doit encore passer le Conseil constitutionnel avant sa publication au Journal officiel.

La contribution patronale passe de 30 % à 40 % sur les indemnités concernées : le coût employeur augmente. L’administration devra préciser la référence exacte d’entrée en vigueur (date de rupture, période d’emploi, etc.).

Pour les périodes d’emploi à compter du 1er janvier 2026, les entreprises de 250 salariés et plus bénéficient aussi de la déduction :
  • 0,50 € par heure supplémentaire ;
  • 3,50 € par jour au-delà de 218 jours/an pour les salariés au forfait jours (conditions code du travail).

La mesure dépend d’un décret d’application : elle n’entrera donc pas en vigueur immédiatement. Elle vise certaines branches où le minimum conventionnel des salariés sans qualification est resté inférieur au SMIC sur l’année civile de référence (sous conditions).